1. Bienvenue à bord du alain-colas.com dédié au navigateur Alain Colas, un enfant de la Nièvre

    2. qui a été au bout de ses rêves d’océan pour devenir une légende de la voile sportive.

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A priori, rien ne prédestinait Alain Colas, né à Clamecy, au pays du flottage du bois à bûches perdues, à devenir l’un des plus grands navigateurs en solitaire de l’histoire de la voile sportive. Sauf peut-être son attirance naturelle pour l’eau et les sports nautiques sans doute inspiré par la proximité de l’Yonne qui berça son enfance... ou bien sa soif d’aventure et d’évasion que les eaux des pertuis invitaient à venir faire un tour jusqu’à la mer et le grand large.

En 10 ans, il part pour Sydney, apprend la voile aux côtés d'Eric Tabarly et d'Olivier de Kersauzon, gagne la transatlantique anglaise 1972, réalise le premier tour du monde en solitaire à bord d'un multicoque, crée et fait construire un grand bateau de 72 mètres et 1000 m2 de voilure qu'il mène seul dans la transat 76 avant de disparaître, en novembre 1978, au cours de la première route du rhum.

De Pen Duick IV au Club Méd
en passant par Manureva

Jean-François Colas a participé à  toutes les aventures de son frère

Rien ne pouvait toucher plus Alain Colas, marin d’avant-garde atypique et innovant qui savait aussi ce qu’il devait à la grande tradition des gens de mer. Son nouveau défi est double. D’abord, il n’y a à l’époque qu’une poignée d’hommes qui ont passé le Horn à la voile en solitaire dont Sir Francis Chischester qui détient, depuis 1967, le record du tour du monde sur monocoque en 201 jours avec escale à Sydney. Mais, surtout, il veut régater, avec un siècle d’écart, avec les «Grands Anciens», les fabuleux trois et quatre mâts qui allaient, à la fin du 19ème et au début du 20 ème chercher la laine, l’or et le blé en extrême orient et suivre la route des grands clippers comme le Cutty Sark (20 hommes d’équipage, 3000 mètres carrés de toile) qui détient le record du passage le plus rapide.


Manureva franchit le Cap Horn le 3 février 1974 et, en 169 jours de mer avec une escale à Sydney, revient à son port de départ le 23 mars. Après 30 000 miles parcourus, Colas bat de 32 jours le record détenu par Chichester et égale celui de Cutty Sark. A son arrivée, Alain a toujours un rêve d’avance. Son prochain projet fou : construire un quatre mâts de course gigantesque, un clipper des temps modernes.

Homme de tous les défis devenu marin «par hasard» et «sur le tard», Alain Colas, révolutionne les données de la course au large. Journaliste, conférencier, réalisateur de films, écrivain, il est aussi un homme de communication visionnaire qui, le premier, s’appuie sur les médias pour développer ce qui est devenu le sponsoring moderne.

Le Tour du Monde de Manureva

Il travaille, à ses débuts, soutenu par Gaston Defferre et Edmonde Charles-Roux, avec le quotidien Le Provençal et sera le premier à vendre à un sponsor l’idée de parrainer son journal de bord quotidien diffusé sur RTL, un accord tripartite qui lui garantit la sécurité tout en offrant des informations exclusives à la station de radio et en donnant à son mécène l’occasion d’affirmer son image de protecteur de l’aventure.


Homme d’entreprise, Alain Colas est de tous les challenges et de toutes les solutions nouvelles. Comme un aimant, il attire ou repousse sans jamais laisser indifférent, suivant le sillage de sa propre trajectoire. Il emmène, par son charme, sa conviction et sa force de persuasion, la plupart de ses rencontres dans son propre univers.


Perspicace et psychologue, il peut naturellement fréquenter le jour des marins pêcheurs et des ouvriers sur les chantiers navals puis se rendre le soir aux plus grandes réceptions mondaines pour y négocier des contrats fondamentaux.


Alain Colas, c’est un destin en mouvement avec un seul mot d’ordre, celui qu’il lançait comme un défi aux facéties de la vie : «Action !». Dans un article paru en 1994 dans «Voiles et Voiliers», le journaliste Eric Vibart en témoigne : «Olivier de Kersauson rapporte que, lors des premières conversations à bord de Pen Duick III, Alain Colas interrompait sans cesse les conversations du bord par «c’est quoi ?», «c’est qui», c’est où?».


Fin, cultivé, avide de tout comprendre, Colas détenait une rapidité phénoménale pour enregistrer les informations dans tous les domaines, les synthétiser et les appliquer poussé par un élan permanent pour passer à l’étape suivante... L’esprit jamais au repos, épuisant son entourage, ses équipiers d’hier avouent encore avoir eu à ses côtés le sentiment d’être éternellement en retard de deux longueurs.»

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Grâce à cette victoire dans la Transat 72, la France découvre un héros sympathique au parcours original qui annonce son prochain rêve, la dernière des grandes premières, un challenge jugé impossible par la plupart des experts : faire le tour du monde en solitaire sur un multicoque. Tout en se préparant, Alain étudie, en 1973, avec les chercheurs du CNES, un système de repérage par balise émettrice relayé par le satellite Eole qui passe toutes les 2 heures sur le même point du globe. Il touche là à l’ultra confidentiel défense et sera ainsi le pionnier des balises Argos qui sauveront plus tard nombre de marins et... d’une certaine manière du GPS actuel. Il est aussi, la même année, l’un des créateurs de l’agence photographique Sygma, ne perdant jamais de vue la nécessité de communiquer et de maîtriser une médiatisation cruciale.


Pen Duick IV est modifié, «cap-hornisé» pour pouvoir affronter les pièges des mers du Sud, les 40èmes Rugissants et le fascinant Cap Horn, ce «sombre éperon rocheux de grandeur et de misère». Rebaptisé Manureva, «L’oiseau du voyage» en tahitien, paré de couleurs bleu nuit qui tranchent avec la blancheur du pont et des voiles, il part de Saint-Malo le 8 septembre 1973. Ce jour-là, au Bassin Vauban de Saint-Malo, le Commandant Gauthier, Grand Mât de l’amicale internationale des capitaines au long cours cap-horniers, se fraye un chemin dans la foule qu’il domine d’une bonne tête. Déroulant une carte marine jaunie et cornée, il lance d’une voix de stentor : « Alain Colas ! Cette carte a servi à 22 passages du Cap Horn, tous rentrés à bon port, je vous la confie avec prière de me la rapporter !»

Extrait INA Arrivée d’Alain Colas à Saint-Malo le 28 mars 1974, après son tour du monde par les 3 caps sur Manureva. Il bat de 32 jours le record de Sir Francis Chichester.

Jean-François Colas et Alain Colas

Gaston Defferre, Teura Krause, Edmonde Charles-Roux et Alain Colas

L'oiseau du voyage